02.07.2008

Démographie dans la Manche : la ruée vers l'Ouest

Démographie dans la Manche : la ruée vers l'Ouest

La côte ouest attire la population dans la Manche. Le phénomène s'accélère. D'ici soixante-quinze ans,la Direction départementale de l'équipement estime que le nombre de logements aura doublé sur le littoral.

Complètement à l'Ouest. La carte par communes, établie par la direction départementale de l'Équipement, est très parlante. Entre 1999 et la date du dernier recensement effectué pour chacune d'entre elles (1), la Manche a connu une poussée démographique vers la côte ouest. Des villes souffrent : les agglomérations cherbourgeoise et saint-loise, ainsi qu'Avranches. Les communes périphériques en profitent : les cas de Saint-Lô et d'Avranches sont les plus frappants. Par contre, Granville et Coutances, têtes de pivot de territoires très attractifs, s'en sortent. Enfin, un territoire tout entier plonge : l'Est du Sud-Manche, de Saint-Hilaire-de-Harcouët à Sourdeval. À noter aussi que la proximité de l'A 84 ne profite pas vraiment à Torigni-sur-Vire et Villedieu-les-Poêles, toutes les deux déficitaires. À l'inverse, des communes moyennes connaissent des progressions spectaculaires. Citons par exemple Bréville-sur-Mer (+ 4,7 % par an), Gouville-sur-Mer (+ 2,4 %), Lessay (+ 2,2 %), Pirou (+ 2,4 %), Saint-Senier-sous-Avranches (+ 2,6 %)...

40 % de la population sur le littoral. Dans la Manche, le littoral représente 355 km de côtes, ce qui en fait le 5e département français après le Finistère, le Morbihan, la Corse du Sud et la Charente-Maritime. Alors qu'une commune sur six a une façade maritime (elles ne représentent que 18,6 % du territoire), ces communes accueillent près de 40 % des 489 500 habitants que compte le département. Soit une densité de 172 habitants au km² sur le littoral, alors que la moyenne du département est de 82 habitants au km².

La côte s'urbanise. La côte connaît une pression croissante de l'urbanisation. Entre 2000 et 2006, 7700 logements ont été construits dans les communes littorales, pour un total de 20 000 dans la Manche. Pour le littoral, le rythme est de 1100 logements par an sur ces sept années, et de 1 442 logements pour la seule année de 2006. « En 75 ans, le parc de logements aura doublé sur le littoral manchois, relève la DDE. Pour toute la côte ouest du département, ce résultat est beaucoup plus proche. »

On construit où ? Logiquement, les secteurs où l'on construit le plus sont les mêmes, sur la côte ouest. Mais on trouve également des villes déficitaires (en population) au classement des villes qui ont le plus commencé de logements entre 2000 et 2006. Le « top 20 » de ces communes « bâtisseuses » est le suivant : Granville (847 logements commencés), Saint-Lô (604), Saint-Pair-sur-Mer (384), La Glacerie (368), Tourlaville (352), Bréhal (360), Jullouville (260), Valognes (255), Cherbourg-Octeville (240), Barneville-Carteret (239), Agon-Coutainville (222), Coutances (198), Équeurdreville (198), Condé-sur-Vire (196), Gouville-sur-Mer (177), Carentan (172), Pontorson (171), Montmartin-sur-Mer (171), Donville-les-Bains (169), Saint-Martin-des-Champs (151), Sur le chapitre, parfois polémique, des permis de construire, la DDE note que seulement 10 % des demandes ont été refusés en 2006.

Christophe LECONTE.

(1) De 2004 à 2008. Les communes recensées cette année n'y figurent pas.

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Office du Tourisme : les rendez-vous de juillet

Office du Tourisme : les rendez-vous de juillet

Patrick Hamard, adjoint au tourisme et à la communication, Gérard Leroy, délégué à l'information et à la promotion, Marie Blanc-Juhel, Virgine Frouin, directrice de l'office et Nicolas Feret. Patrick Hamard, adjoint au tourisme et à la communication, Gérard Leroy, délégué à l'information et à la promotion, Marie Blanc-Juhel, Virgine Frouin, directrice de l'office et Nicolas Feret.

Plus tard. A Granville. La saison estivale va battre son plein dès ce week-end. D'autres rendez-vous sont déjà programmés pour les vacances.

De nombreux événements festifs et culturels vont animer les deux mois d'été : concerts, festival des Sorties de Bain, marchés nocturnes, Nuit des soudeurs, visites commentées... Un programme varié, concocté par l'office de Tourisme. « Il n'y a pas de changement radical, mais une offre étoffée cette année », commentent les élus, Patrick Hamard et Gérard Leroy.« Par exemple, pour le 14 juillet, nous avons organisé un lâcher de ballons tricolores. Il se déroulera après la cérémonie patriotique. Le soir, nous renouons avec la tradition du bal populaire qui aura lieu place Foch et sera animé par l'orchestre de Christian Durosier. »

Les marchés nocturnes, port du Hérel, sont reconduits. « Nous les avons programmés le mercredi au lieu du jeudi pour être en harmonie avec les animations des autres communes », souligne Virginie Frouin, directrice de l'office. Comme les années précédentes, ils se dérouleront en musique, de 17 h 30 à 22 h 30.

Tous les jours, le public pourra aussi partir à la découverte de la ville avec les promenades commentées. « On change d'univers, d'une promenade à l'autre », explique Virginie Frouin. Pour redécouvrir la vieille ville, les parcours Vieilles pierres et A l'abordage les enfants, visite ludique destinée aux familles avec un livret pédagogique offert aux enfants à partir de 6 ans, ont été mis en place. Le côté littoral est à découvrir avec Granville maritime et portuaire ou encore Granville balnéaire avec les plus beaux panoramas et tous les vendredis soirs et une visite nocturne du jardin Christian-Dior avec mise en lumière.

Office municipal de tourisme, 4, cours Jonville. Tél. : 02 33 91 30 19.

site Ouest-France

Nouveau giratoire, nouvelles règles de circulation

Nouveau giratoire, nouvelles règles de circulation

Depuis lundi après-midi, le carrefour de la gare est rouvert à la circulation. Après les travaux,certaines déviations vont être pérennisées.

>> Le nouveau plan de circulation. Réagissez sur Maville.com!
Ouf ! Tout est fini dans les temps et avant le grand rush des vacanciers dans la station balnéaire. Le week-end dernier, tous les Granvillais sur le marché n'ont pu que remarquer le flot (voire le bouchon) continu sur le cours Jonville et la rue Paul-Poirier, entre 11 h 30 et 12 h 30.

La faute certainement aux travaux au niveau du rond-point de la gare mais aussi, il faut le reconnaître, à la méconnaissance du sens des panneaux de signalisation chez certains conducteurs. Mais tout ceci, c'est du passé. Le giratoire flambant neuf du carrefour de la gare est désormais rouvert à la circulation automobile depuis lundi après-midi, 15 h. Il ne reste plus qu'à finaliser l'aménagement paysager.

« L'objectif de ces travaux était d'améliorer la fluidité du trafic et d'améliorer la sécurité des usagers. Nous allons réussir l'un et l'autre », assure Yves Sévin, adjoint à l'urbanisme, pas mécontent de voir ce chantier finir en heure et en temps. « Au départ, les travaux devaient durer jusqu'au 11 juillet. Le raccourcissement du délai a été possible grâce à la demande des commerçants », n'hésite pas à dire l'élu en évoquant la polémique qui avait éclaté quand les commerçants riverains avaient découvert le projet et le calendrier en lisant leur journal. « Le temps s'y est prêté mais ce n'est pas un hasard. Si les travaux avaient eu lieu en novembre ou décembre, leur durée aurait été deux fois plus longue. Les entreprises ont, de plus, multiplié les équipes, en débutant la journée plus tôt et en finissant plus tard. Mais du coup, ça a retardé le chantier de la rue du Couvent. »

Avec la fin des travaux, la mairie a décidé de modifier le sens de circulation de certaines des rues adjacentes au giratoire de la gare (voir l'infographie ci-dessus) et de conserver certaines déviations du centre-ville. « Nous conservons la déviation de la rue Clément-Desmaisons, au moins jusqu'en septembre, en y installant un panneau indiquant la direction de Saint-Pair et d'Avranches. » Objectif : faciliter la sortie du centre-ville pour rejoindre directement le boulevard des Amiraux, sans passer par la rue Paul-Poirier et le rond-point d'Orléans. Certains conducteurs devront modifier leurs petites habitudes et surtout ne pas perdre de vue les sens interdits !



Pascal SIMON.

Ouest-France

Transport en commun : du nouveau à la rentrée

Transport en commun : du nouveau à la rentrée

Avec ce nouveau dispositif, les élus du Pays espèrent répondre aux attentes des usagers.

Horaires, arrêts et réservations téléphoniques pour un service à domicile :il y aura du nouveau dans les transports en commun à la rentrée.

Plusieurs arrêts supprimés, de longues files d'attente pour retirer sa carte de transport, un ticket au tarif exorbitant pour traverser Granville, des usagers et des parents d'élèves en colère... Pour les élus locaux, la rentrée 2007 des transports en commun sur Granville ne restera pas dans les bons souvenirs. Les choses pourraient s'améliorer à la rentrée prochaine. À moins que...

Vendredi soir, cette question était l'un des points à l'ordre du jour du conseil. Théoriquement, au terme des accords pris avec le conseil général et la communauté de communes, le service à l'usager sera amélioré et devrait coûter moins cher. Pour rappel, le conseil général a décidé en juin 2006 de créer un service public de transport de voyageurs (Maneo) et de reprendre l'année dernière la gestion directe des transports scolaires.

La problématique granvillaise résidait en l'existence d'un périmètre de transport urbain (PTU). Concrètement, les bus du conseil général assuraient le service jusqu'à la frontière de ce périmètre correspondant au territoire de Granville (sauf les quartiers de Prétôt et de Mallouet). A l'intérieur du PTU, la ville de Granville avait confié le transport à la société Véolia (VTNI). Un service payant lui aussi... Pour certains usagers, une balade dans Granville pouvait coûter très cher. « On se souvient de l'exemple de Donvillais qui devait payer 2 € pour descendre au Cour Jonville puis encore 2 € pour rejoindre l'hôpital. L'aller-retour revenait à 8 €... », a rappelé Daniel Caruhel en évoquant la colère de certains riverains de la rue de Coutances, à Donville-les-Bains.

Quelles solutions ? Supprimer le périmètre de transport urbain et créer un transport de proximité à la demande. « Au titre des lignes régulières, il y aura des adaptations pour desservir des endroits très fréquentés comme le centre-ville, la gare, l'hôpital, le quartier Saint-Nicolas et le rond-point de la Haute-Lande », explique le maire. Pour les scolaires, les horaires seront adaptés et un circuit de ramassage sera mis en place par le conseil général sur le territoire de granville.

Un coup de fil suffira

La grande nouveauté, c'est le service à la demande qui fonctionnera à partir du 1er septembre. Il consisterait à réserver par téléphone un trajet. Au jour et à l'heure dite, un véhicule viendrait chercher la personne à son domicile. Quelles en seront les modalités ? Il y aura cinq services par semaine du mardi au samedi avec horaires fixes et points d'arrêts fixes, ouvert à tous les habitants de l'intercommunalité, sans limite d'âge, ni de revenu ; la réservation (appels gratuits) devra être faite au minimum 24 h à l'avance ; les arrêts retenus sont le centre-ville, l'hôpital, le quartier Saint-Nicolas, la gare SNCF, le marché de Granville le samedi matin, le marché de Saint-Pair le jeudi, le marché de Jullouville le vendredi ; 2 € par trajet entre le domicile de l'usager et le point d'arrêt ; le service sera accessible aux personnes handicapées.

Tous les problèmes seront-ils résolus ? Si les anomalies observées l'année dernière semblent gommées, certains élus communautaires ont quand même relevé des failles : un service à la demande, à domicile, va-t-il dans le sens du développement durable et du covoiturage ? Un mineur pourra-t-il réserver et utiliser seul ce service ? Sans compter les possibles réservations fantaisistes... Réponses à la rentrée prochaine.

site Ouest-France

10.04.2008

Manche Nature : « Nous voulons aider les maires »

Marcel Jacquot, secrétaire de l'association Manche Nature
Marcel Jacquot, secrétaire de l'association Manche Nature

Manche Nature : « Nous voulons aider les maires »

Naturalistes procéduriers ? Pas seulement. L'association veut conseiller les élus en amont des projets. Son secrétaire Marcel Jacquot s'explique.

Les dunes de Bréville, la zone conchylicole de Gouville, la route Coutances-Bréhal... Vos batailles juridiques sont nombreuses. Quels sont les autres dossiers en cours dans le Pays granvillais ?

Il y en a plusieurs : les déchets ménagers déversés dans les chemins de Saint-Michel-des-Loups, les terrains de l'ancienne usine Soferti... Nous attaquons également les Plans locaux d'urbanisme de Granville et de Donville-les-Bains.

Sur quelles bases juridiques ?

Parce que les deux équipes municipales ont adopté des documents ne respectant pas la loi Littoral qui impose la préservation des espèces. A Granville, il y a quand même quatre zones de protection environnementales : une zone Ramsar pour les zones humides, une zone internationale communautaire pour les oiseaux (Zico) et deux zones naturelles d'intérêts floristique et faunistique (Znieff) qui partent de la Roche-Gauthier à Jullouville. Nous avons d'ailleurs profité de la grande marée de lundi pour effectuer des prélèvements. En quelques heures, trois scientifiques de Manche nature ont observé et répertorié sur l'estran une soixantaine d'espèces marines.

Attaquerez-vous le projet portuaire du conseil général ?

Pour le moment, nous attaquons le PLU. Manche nature n'a pas encore discuté au sein de son bureau d'une éventuelle action contre le projet portuaire.

Un projet immobilier ou la construction d'une route doivent-ils à chaque fois être remis en cause pour des raisons environnementales ?

Un projet qui tient debout doit respecter les lois votées pour tous les Français. Si les lois étaient respectées, nous n'aurions même pas vocation à exister !

Mais l'économie et l'emploi ne sont-ils pas aussi importants ? Entre sauver la mare d'une colonie de grenouilles et le développement d'une zone d'activités, vous ne doutez pas ?

Non, nous n'aurons pas d'hésitations. La science est là, une espèce fragile est là. Protéger la nature, c'est protéger la biodiversité qui est mise à mal. C'est aussi protéger notre propre espèce.

Vous proposez donc aujourd'hui de venir en aide aux élus pour les accompagner en amont des projets ?

Oui, pour toute collectivité qui le souhaite. Nous sommes en mesure d'informer, de donner gracieusement des conseils juridiques pour résoudre des problèmes de conflits, permettre à l'élu de s'y retrouver dans la réglementation relative à l'environnement en général. C'est une mission qui est d'ailleurs inscrite dans le cahier des charges remis au conseil régional : la Basse-Normandie nous aide à travers une subvention de 33 000 € sur quatre ans, dans le cadre des emplois tremplins. Ainsi, nous salarions en CDI Delphine Chevret, notre juriste. Nous travaillerons avec la direction régionale de l'environnement pour proposer des formations juridiques aux commissaires enquêteurs. Nous adresserons prochainement un courrier au président des maires de la Manche pour l'en informer.

Une collectivité a-t-elle déjà demandé conseil à Manche Nature ?

Oui, la commune de Blainville-sur-Mer qui cherchait à protéger ses dunes de l'érosion. Nous leur avons suggéré des épis en bois pour retenir le sable, plutôt que des enrochements. Ils nous ont écoutés. C'est une première étape qui fait jurisprudence !

Recueilli

par Pascal SIMON.

Ouest-France

09.04.2008

Les dunes de Bréville bientôt Natura 2000

Les dunes de Bréville bientôt Natura 2000

Le Conseil d'État vient de trancher : le site de Bréville-sur-Mer pourra désormais être classé.Manche Nature gagne une nouvelle bataille.

Manche Nature vient d'obtenir gain de cause. Les dunes de Bréville-sur-Mer vont pouvoir être classées Natura 2000. Une grande victoire pour l'association. « Le préfet doit revenir sur sa décision, explique Marcel Jacquot, secrétaire de Manche Nature. C'est tout ce que nous voulions. Maintenant, il va devoir proposer les dunes au réseau européen de sites protégés. »

Une telle décision n'est pas sans enjeux. L'allongement de la piste de l'aérodrome pourrait être remis en cause, ainsi que toute nouvelle construction. « Le PLU de Donville prévoit de construire une route entre Donville et Bréville. Elle passerait entre les dunes et les carrières, or un échange de biodiversité existe entre les deux et nous ne souhaitons pas qu'il soit détruit. »

Dans le prolongement côtier, à Donville, l'institut de thalassothérapie Prévithal envisage de remplacer le bowling. « Nous ne sommes pas contre toute construction, ni contre tout aménagement », précise Marcel Jacquot. Il faudrait d'ailleurs proposer des sentiers touristiques. « Nous n'excluons rien mais il faut que tout se fasse dans les règles. »

Le Conseil d'État leur donne raison

Ce combat dure depuis des années. En 1994, l'association réussissait à stopper l'extension du golf de Bréville dans le massif dunaire. Cinq ans plus tard, c'était au tour du projet immobilier de 64 chalets d'être annulé. « Quand en 2003, le préfet a refusé de donner suite à notre demande d'inclure les dunes dans le classement Natura 2000, nous avons déposé un recours. » En décembre 2005, la Cour d'appel de Nantes leur donne raison. Puis dernièrement, le Conseil d'État.

« Il n'y a pas de raison que le site ne soit pas classé Natura 2000. Il est très riche en biodiversité et il faut protéger ces espaces naturels. » Manche Nature voudrait que le terrain revienne au conservatoire du littoral à Caen et soit géré par le Symel (syndicat mixte des espaces littoraux). « Nous espérons obtenir le label d'ici deux ans. »

Ingrid BRUNSCHWIG.

Ouest-France

08.04.2008

À quand « Bienvenue chez les Normands » ?

À quand « Bienvenue chez les Normands » ?

Record battu par les Ch'tis avec 17,4 millions d'entrées, dont plus de 132 000 dans la Manche. De quoi redonner des couleurs aux langues régionales.

Stéphane Laîné est chargé de cours en histoire de la langue française et dialectologie normande à la faculté de Caen. Il a réalisé une thèse sur l'évolution phonétique des toponymes dans le Nord-Cotentin.

Comment faut-il appeler le ch'timi et le normand : des langues régionales ou des patois ?

Il faut savoir que le patois n'est pas une langue, c'est simplement une variété de français d'origine latine qui a évolué différemment selon les régions et à travers les siècles. Celui qui patoise est conscient qu'il utilise un langage non officiel lorsqu'il dit « bi » pour « bien » ou « rin » pour « rien ». Tandis que l'on utilise le français régional en croyant être compris de tous : on parle par exemple de « toile » en Normandie et de « wassouingue » dans le Nord, pour désigner une serpillière.

Les langues régionales sont-elles revenues à la mode ?

On valorise ces spécificités locales aujourd'hui car, à l'heure de la mondialisation et de globalisation de l'économie comme de la culture, tout ce qui nous rattache à nos racines nous rassure. Mais quand les petits Normands reprennent des « hein » et des « biloute » entendus dans le film, cela tient plutôt du ressort de l'humour que du ch'ti. Pour moi, c'est un effet de mode qui passera.

Ce succès populaire pourrait-il faire réapparaître un patois normand courant ?

Je n'y crois pas. La pratique du dialecte s'estompe progressivement. Il ne reste parlé quotidiennement que par les plus de 70 ans et dans quelques milieux, rural notamment. Et encore, la plupart d'entre eux reprennent un français standard dès qu'ils poussent la porte d'une boulangerie.

Cela pourrait-il aller jusqu'à la disparition totale du normand ?


C'est irrévocable car il manque un chaînon dans la transmission de cette langue. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, on apprenait le français à l'école mais on parlait patois à la maison. Ce qui ne fut plus le cas ensuite. Les quinquas d'aujourd'hui n'ont donc pas pu l'inqulquer à leurs enfants.

En restera-t-il tout de même des traces dans la dialectique locale ?

Évidemment ! 90 % des Manchots appellent toujours une poignée de porte une « clenche » ; parlent de « berne » et non de berme pour désigner le bas-côté de la route ou « barrent » leur porte au lieu de la fermer à clé... Mais l'inverse est également vrai : certains termes se sont généralisés comme le normand « goûtu », devenu « goûteux » dans le dictionnaire ou le « buccin » local qui a inspiré le « bulot » national...

Propos recueillis par Virginie ÉNÉE.
Ouest-France

06.04.2008

Les commissions : premier dossier du conseil

Les commissions : premier dossier du conseil

La désignation des élus dans les commissions et les établissements publics a occupé le début du second conseil municipal de Daniel Caruhel.

Premier dossier de ce second conseil municipal du mandat du maire Daniel Caruhel, qui a eu lieu hier soir en présence d'un nombreux public : la désignation des élus qui vont siéger dans les commissions, les établissements publics de coopération communale et les autres organismes.

« Je ne vais pas parler d'ouverture, a précisé Daniel Caruhel,mais nous avons vu dans d'autres communes du département que la majorité ne laissait pas de sièges à l'opposition. Cela nous a paru important de donner des sièges à l'opposition. »

André Juin a réagi notamment au sujet des sièges au conseil d'administration de l'hôpital, tous attribués à la majorité. Les huit élus d'opposition ont d'ailleurs sur l'attribution de ces trois sièges voté contre. « Nous souhaitons apporter notre participation de manière constructive, a noté André Juin. Concernant l'hôpital, je ne comprends pas cette exclusion. »

« Je n'ai pas vu franchement cette volonté d'opposition constructive lors du premier conseil, a répondu le maire. A l'hôpital, nous devons parler d'une seule voix, oublier nos histoires granvillo-granvillaises. » « Je n'ai pas noté de désaccords entre l'opposition et la majorité au sujet de l'hôpital », a rétorqué André Juin. « Nous n'avons pas senti cette volonté d'opposition constructive avant de désigner les membres qui siégeront au conseil d'administration de l'hôpital », tranche Daniel Caruhel.

Les huit commissions permanentes. Commission des finances : Chantal Duchemin, Gérard Leroy, Yves Sévin, Jocelyne Perré, Gérard Sauré, Marie-Laure Jouannon, Gilles Ménard (opposition), Jean-Yves Mercier (opposition).

Commission urbanisme et travaux : Yves Sévin, Chantal Duchemin, Jean-Marc Julienne, Jean-Paul Grosse, Nadine Boudal-Boinet, Véronique Barbier, André Juin (opposition), Dominique Baudry (opposition).

Commission tourisme et communication : Patrick Halard, Patrick Bailbé, Gérard Sauré, Jean-Paul Grosse, Gérard Leroy, Véronique Barbier, André Juin (opposition), Dominique Baudry (opposition).

Commission actions sociales et solidarité : Jocelyne Perré, Gérard Sauré, Monique Lemoine, Annie-Victor Eugène, Pascale Vallée, Élisabeth Raulic, Michel Picot (opposition), Jean-Marie Wojylac (opposition).

Commission jeunesse et sports : Mélika Delauney, Jean-Marc Julienne, Philippe Le Roux, Benoît Defosse, Michel Filippi, Anne-Sophie Gauthier, Michel Picot (opposition), Dominique Baudry (opposition).

Commission vie culturelle : Patrick Bailbé, Patrick Hamard, Monique Lemoine, Anne-Sophie Gauthier, Marcel Guillerot, Élisabeth Raulic, Philippe Le Roux, Fanny Héquet (opposition), Jean-Marie Wojylac (opposition).

Commission développement durable : Marcel Guillerot, Gérard Leroy, Benoît Defosse, Marie-Laure Joannon, Jean-Paul Grosse, Michel Filippi, Michel Picot (opposition), Dominique Baudry (opposition).

Commission d'appels d'offres. Président : Daniel Caruhel ou Chantal Duchemin. Titulaires : Michèle Emery, Mélika Delauney, Gérard Leroy, Yves Sévin, André Juin (opposition). Suppléants : Jean-Marc Julienne, Nadine Boudal-Boinet, Patrick Hamard, Michel Filippi, Gilles Ménard (opposition).

Communauté de communes du Pays granvillais. Daniel Caruhel, Marcel Guillerot, Diider Leguélinel, Jean-Marc Julienne, Patrick Hamard, Gérard Leroy, Jocelyne Perré, Gérard Sauré, Mélika Delauney, Chantal Duchemin, Gilles Ménard (opposition), Dominique Baudry (opposition).

Ouest-France

04.04.2008

Laurent Beauvais élu président de la Région

Basse-Normandie

vendredi 04 avril 2008

Laurent Beauvais élu président de la Région

Stéphane Geufroi
Une émouvante passation de pouvoir hier après-midi entre Philippe Duron (à gauche) et Laurent Beauvais. : Stéphane Geufroi

C'est fait. Laurent Beauvais (PS) est devenu hier le président de la Basse-Normandie. Il a deux ans pour affirmer sa personnalité à la tête de la collectivité.

Sans aucun suspense puisqu'il était le seul candidat, Laurent Beauvais a été élu hier président du conseil régional de Basse-Normandie avec 27 voix sur 27 votants pour 47 conseillers régionaux. Deuxième, puis premier vice-président à la démission de Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg, il devient, à 55 ans, le premier président ornais de l'assemblée. Il succède à Philippe Duron, député-maire de Caen, frappé, comme Bernard Cazeneuve, par le cumul des mandats.

La passation des pouvoirs s'est déroulée hier (quatre ans jour pour jour après la prise de fonction de Philippe Duron) avec émotion dans les rangs de la gauche et ironie dans ceux de la droite qui n'a pas pris part au vote. Nicole Ameline (UMP) a critiqué « une cooptation » parlant de « cynisme si ce scénario était écrit dès les élections régionales de 2004 et, de toute façon, de manque de respect aux électeurs ». Prenant acte de cette nouvelle présidence « sous l'oeil aigu de Philippe Duron », Nicole Ameline a invité Laurent Beauvais à « plus d'ouverture, plus de coopérations avec les autres collectivités territoriales ». Le Front national n'a pas pris part, lui non plus, au vote.

Continuité

Avant l'élection, toutes les composantes de la majorité, de Yannick Soubien pour les verts à Jean-Karl Deschamps pour le PS, en passant Alain Tourret pour les Radicaux et Jean Chatelais pour le PC, avaient affirmé leur soutien au « candidat de la continuité ».

Philippe Duron démissionnera le 16 avril prochain. Il devrait être remplacé par le suivant sur la liste, le Calvadosien Vincent Louvet.

L'ancien président est revenu sur les grands dossiers : « Mont-Saint-Michel, décentralisation des ports, transport, ferroviaire... » Sur son élection à Caen : « C'était le levier qui manquait à notre action. La capitale régionale va tirer tous les territoires. » Son successeur ? « Le plus légitime d'entre nous avec une expérience de l'exécutif à Argentan et dix ans de conseil régional. » Philippe Duron a eu droit à une belle standing ovation y compris du balcon bien garni de sympathisants.

Très ému pour sa première déclaration, Laurent Beauvais a affirmé ses trois grandes volontés politiques : « L'innovation et le soutien à l'économie ; les solidarités (éducation, formation, enseignement supérieur...) et le développement durable (éco-citoyenneté). » Partisan de la réunification de la Normandie, il préfère « la pédagogie au passage en force ». Il ne se voit pas comme « un président de transition », mais entend préparer les élections régionales de 2010 « pour les gagner ».

Xavier ORIOT.

Les huit vice-présidents. 1er Jean-Karl Deschamps, Manche ; 2, Alain Tourret, Calvados ; 3, Marie-Jeanne Gobert, Calvados (PC) ; 4e, Yannick Soubien, Orne (Verts) ; 5e, Philippe Bonneau, Calvados (PS) ; 6e, Corinne Féret, Calvados (PS), 7e, Frédérique Heurguier, Manche (PS) et 8e, Denise François, Orne (PS).
 
(site O.F)