13.02.2009

L'écluse à l'heure de l'expertise

L'écluse à l'heure de l'expertise

Le nettoyage du radier et le diagnostic des portes au niveau des écluses.

Le nettoyage du radier et le diagnostic des portes au niveau des écluses.

Grandes manoeuvres à la base de l'écluse, avec bassin mis à sec et nettoyage du radier.Une étude est lancée.

Entretien

Mise à sec. « Initialement prévue lundi mais reportée à cause du mauvais temps, l'opération de mise à sec du bassin à flot s'est déroulée mercredi. La marée basse avait lieu à 15 h 55. Cela a permis de travailler au cours de l'après-midi. »

Objectifs. « Il s'agit d'effectuer un diagnostic des portes, contrôler l'état des fonds et nettoyer le radier (nom que l'on donne à l'endroit où se ferment et s'ouvrent les écluses). Une opération qui se déroule tous les 4 à 5 ans, selon les nécessités. »

Nettoyage. « Dans le radier, on ramasse de 4 à 5 m3 de vase. On trouve de tout. Pneus, coquillages, casiers... objets divers rapportés par la mer ou directement jetés. On utilise un tracteur, un tractopelle mécanique et une remorque. Le chantier est effectué par 5 à 6 agents de l'agence portuaire départementale sud. »

État des lieux. « On constate un envasement normal, et un état correct des portes qui datent des années 1950. Au niveau du bassin à flot une opération de dragage est prévue à la fin de l'année 2009 ou en 2010. »

Objectif. « La porte de l'écluse date des années 1950. Elle est encore, comme à l'origine, entièrement manuelle. Le conseil général envisage une automatisation partielle. Pour cela, il a missionné ISM Ingénierie. Ce bureau d'études, basé à Juigné-sur-Loire, en Anjou est spécialisé dans ce type d'études. »

Essai. « Le personnel de l'agence portuaire a effectué des essais sur les deux vantaux de la porte mercredi en fin de journée, pour s'assurer de leur bon fonctionnement. »

Pas de surprise. « On voit les mouettes ravies de picorer dans le bassin à flot. À part cela, pas de découverte extraordinaire. Pas de frisson. Il y a une trentaine d'années, un cadavre au volant de sa voiture était apparu dans le bassin. Cela avait défrayé la chronique à l'époque, a rappelé un ancien sur le port. Mercredi, les amateurs de Maigret en auront été pour leurs frais. À part une chaise dans le radier, point de cadavre ou carcasses de voitures volées. »

Souvenirs. « On a de la chance, le soleil est au rendez-vous. La manoeuvre attire forcément la curiosité des badauds, c'est inévitable, pas toujours obéissants aux consignes de prudence. Certains ont immortalisé ces travaux par quelques photos. »

site Ouest-France

12.02.2009

Un livre pour aider la Granvillaise

Un livre pour aider la Granvillaise

Patrick Quesnel édite un livre sur les bisquines pour venir en aide à la Granvillaise.

Patrick Quesnel édite un livre sur les bisquines pour venir en aide à la Granvillaise.

Le sort de la bisquine, rongée par la mérule, a ému Patrick Quesnel.

L'artiste peintre saint-pairais vient de publier un ouvrage pour soutenir le financement de sa restauration.

Le livre. « Les dernières bisquines de Granville du chantier Servain », c'est l'histoire de quatre bisquines construites entre 1923 et 1932 par les frères Servain, charpentiers de marine et dont le père s'était établi à Granville en 1861. Il y a eu la Jeanette et l'Aurore, deux bisquines de petite taille, un peu plus de 8 m, dont l'achat fut cautionné par un libraire granvillais.

L'histoire. « À l'époque, ça se faisait beaucoup chez les commerçants qui investissaient dans l'armement granvillais. La Jeanette sera pourtant détruite pendant les bombardements anglais de 1944. Mais reconstruite à l'identique avec les indemnités que son patron avait touché. Il y eut aussi le Fleur de France. Une bisquine de grande dimension, construite en orme et en chêne. L'orme supportait bien l'eau salée. Mon grand-père Georges avait transformé son gréement en « chloup » pour plus de facilité de manoeuvre. Il y a fait la pêche au chalut, le pilotage des bateaux et même le transport des passagers pour Chausey. »

C'est en Irlande que le Fleur de France a brutalement terminé sa carrière, sur les rochers de Cook Aven. La dernière bisquine à sortir, l'Égalité sera pour un patron cancalais. Il fera modifier les plans du Fleur pour en faire « un chalutier mixte à moteur avec un gréement de sloop à tape-cul, comme on disait ».

L'auteur. Patrick Quesnel est issu d'une longue lignée de marins. Grand-père, grand-oncle, cousins, ont été marins pêcheurs, sauveteurs en mer et pilote pour les bateaux entrant au port de Granville. On en retrouve trace dans les archives de la famille jusqu'avant la Révolution.

Pour lui, « il est inconcevable que la bisquine reste à terre. Elle doit retrouver son milieu naturel. Ce bateau c'est un hommage à l'imagination, à la hardiesse des marins de notre port. Elle fait la promotion de notre patrimoine maritime. Mais les subventions accordées aux Vieux gréements n'ont toujours pas permis à l'association de boucler son budget. J'ai voulu faire ce livre pour leur venir en aide ».

Le projet. Après plus de six mois de recherches et de rencontres avec les témoins de l'époque et leurs descendants, l'auteur a réuni les photos, cartes postales, plans de bisquine et autres documents nécessaires. Aidé de Sophie Launay pour la mise en page et de Jean Le Bot pour les recherches sur l'Égalité, il vient de sortir l'ouvrage. Une quarantaine de pages bien documentées et un joli livre sur papier glacé avec peinture de l'auteur et préface de Daniel Caruhel, maire de Granville.

La solidarité. Les bénéfices de la vente seront entièrement reversés à l'association des Vieux gréements.

La vente. L'ouvrage est en vente au prix de 27 € à l'atelier de Patrick Quesnel, rue de Granville à Saint-Pair-sur-Mer (tél. 02 33 91 88 27) ; à la librairie Roquet, rue Lecampion, à Granville et à la maison de la Bisquine, au 02 33 90 07 54 (patrick.quesnel@aliceadsl.fr)

site Ouest-France

"Portes ouvertes" au hangar des chars du carnaval

"Portes ouvertes" au hangar des chars du carnaval

« Portes ouvertes » ce week-end, pour découvrir les coulisses du carnaval. : Archives

« Portes ouvertes » ce week-end, pour découvrir les coulisses du carnaval. :
Archives OF

Du 20 au 24 février va se dérouler la 135e édition du carnaval. Les « portes ouvertes » au hangar des chars auront lieu les samedi 14 et dimanche 15 février, de 11 h à 20 h non-stop.

« Ce sera l'occasion de découvrir en avant-première les coulisses de cet événement incontournable, précise David Letort, et rencontrer les artistes qui peaufinent les 31 chars de cette 135e édition. Le local se situé dans la zone industrielle, rue de la Parfonterie à Granville. »

Renseignements : carnavalgranville@yahoo.fr ; site : www.carnavaldegranville.fr

SITE Ouest-France

11.02.2009

Carnaval : 13 groupes musicaux à l'affiche

Carnaval : 13 groupes musicaux à l'affiche

Le carnaval, un investissement énorme de tous les bénévoles. De gauche à droite : David Letort, Raphaël Gassot et Marc Hameau.

Le carnaval, un investissement énorme de tous les bénévoles.
De gauche à droite : David Letort, Raphaël Gassot et Marc Hameau.

Encore quelques jours, et le 135e carnaval aura frappé ses trois coups.

Treize groupes musicaux animeront la cavalcade, des formations venues de tout le Grand Ouest.

« La musique et les chars sont les deux pôles les plus importants », rappelle David Letort, « Monsieur communication » du Carnaval. La programmation des musiques représente un travail énorme dont s'occupe Raphaël Gassot, « Monsieur musiques et chapiteau ». Treize groupes dont certains sont composés d'une soixantaine de personnes. Environ 1 000 repas à gérer sur quatre jours. « Depuis 5 ans, nous commençons le vendredi soir par un concert d'ouverture gratuit sous chapiteau, explique Raphaël Gassot. Cette année, il s'agira du groupe La Tête à Toto, du rock festif. » Rendez-vous à la Maison du Carnaval, au Cours Jonville le vendredi 20 février à 21 h.

Samedi 21 février

Au Calvaire, à 14 h 30, remise des clés et début de la cavalcade des enfants. Défilé rue Couraye, Cours Jonville. Vers 16 h : bal pour enfants avec le groupe Olifan à la Maison du Carnaval, (gratuit pour les enfants déguisés, 4 € pour les accompagnateurs). Vers 21 h-21 h 30 : animations sur le podium de plusieurs groupes avec l'animateur Serge Jardin. Poursuites des animations musicales dans les différents bars.

Dimanche 22 février

À 11 h : les Aubades à la salle de Hérel. Après-midi : grande cavalcade avec le célèbre bagad de Lann-Bihoué en ouverture, l'une des formations les plus célèbres au monde. Formation de musique bretonne de la Marine nationale. « L'an dernier, nous avions voulu donner un clin d'oeil du monde entier, commente Raphaël Gassot. Cette année, place aux fanfares traditionnelles françaises. »

Le public pourra applaudir, entre autres la News fanfare, « très festive ». La fanfare Epicurienne de Brest est venue il y a 5 ans. « Ils voulaient vraiment revenir faire la fête à Granville. » Le Band of Jersey sera présent, tout comme Lé Kéké, petite formation granvillaise aux allures de samba. « Et une surprise musicale et colorée est attendue le dimanche soir. »

site Ouest-France

11.11.2008

Quatre caporaux de Souain: l'impossible oubli

Quatre caporaux de Souain: l'impossible oubli

Sur ce document tiré de « Fusillés pour l'exemple » (éditions Alan Sutton), les quatre caporaux de Souain. De gauche à droite Louis Lefoulon, Théophile Maupas, Lucien Lechat, Louis Girard.

Sur ce document tiré de « Fusillés pour l'exemple » (éditions Alan Sutton), les quatre caporaux de Souain. De gauche à droite Louis Lefoulon, Théophile Maupas, Lucien Lechat, Louis Girard.Quatre poilus (trois Normands, un Breton), fusillés pour l'exemple en 1915, ont été réhabilités en1934.
Un épisode édifiant de la Grande Guerre.Lefoulon, Maupas, Lechat, Girard....Comment ne pas se souvenir, en ce jour du 90e anniversaire de l'Armistice, de ces quatre caporaux dont la tragique et commune destinée souligne l'aspect cruel et injuste d'une guerre impitoyable.

9 mars 1915, à Souain (Marne). Le 6e bataillon du 336e régiment d'infanterie de Saint-Lô doit partir une nouvelle fois à l'assaut du Moulin de Souain tandis qu'une pluie d'obus allemands s'abat sur les lignes françaises. La 21e compagnie de ce bataillon ne sort pas de la tranchée. Hébétés de fatigue, les soldats ne peuvent plus « entendre » un ordre d'attaquer dont tout le monde d'ailleurs n'a pas eu connaissance.

Fureur du commandement qui porte plainte pour « refus d'obéissance ». Il veut faire un « exemple » à un moment crucial de la guerre. 24 hommes (dont 14 de la Manche, 5 d'Ille-et-Vilaine et un du Calvados) de la 21e compagnie sont « désignés » pour passer en conseil de guerre.

Celui-ci a lieu le 16 mars à Suippes. 20 hommes sont relaxés car on a pu prouver que l'ordre d'attaquer ne leur avait pas été transmis. Mais quatre caporaux sont condamnés à mort à l'unanimité pour « refus d'obéissance en présence de l'ennemi ». Ne pouvant bénéficier ni de sursis, ni de recours, ni de droit de grâce, l'exécution a lieu le lendemain, 17 mars, à 13 h, à Chalons-sur-Marne.

Un film de Kubrick

C'est ainsi que tombent sous les balles françaises Théophile Maupas, né à Montgardon (Manche), 41 ans, instituteur, père de deux enfants ; Lucien Lechat, né au Ferré (Ille-et-Vilaine), 24 ans, garçon de café ; Louis Girard, né à Blainville-sur-Mer (Manche), 29 ans, un enfant, horloger ; Louis Lefoulon, né à Condé-sur-Vire (Manche), 31 ans, un enfant, profession non connue.

Après la guerre, Blanche Maupas, veuve de Théophile, institutrice, assistée de la Ligue des Droits de l'homme, de comités Lechat et Maupas, accumule les témoignages dénonçant « l'injustice ». Un livre est publié. Plusieurs pourvois en révision du jugement du 16 mars 1915 sont cependant rejetés.

Mais en 1934, une Cour spéciale de justice, instaurée par le législateur en 1928 pour juger les sentences des conseils de guerre, annule la sentence du conseil de guerre et réhabilite les caporaux.

Selon la Cour, l'ordre donné le 9 mars 1915 « était irréalisable ». Le sacrifice demandé ce jour-là « dépassait les limites des forces » d'hommes qui « dans le civil avaient eu une conduite irréprochable » et qui, depuis le début de la guerre, « avaient prouvé leur vaillance devant l'ennemi ».

Depuis 1925, un monument dédié aux « Caporaux de Souain » honore leur mémoire dans le cimetière de Sartilly. Cette histoire a en partie inspiré le film de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la gloire, réalisé en 1957. Plus récemment, des écoles, des rues, des places ont pris le nom de Maupas.

90 ans après l'Armistice, les quatre caporaux ne sont pas oubliés. Et c'est leur plus grande victoire.

Éric CHOPIN.

Pratique.

A lire sur cette affaire, Fusillés pour l'exemple de Jacqueline Laisné. Editions Alan Sutton. 128 pages.19€.

A lire également le numéro exceptionnel d'Ouest-France:  L'Ouest dans la Grande Guerre (126 pages, 6€).

site "Ouest-France"

08.11.2008

La région invite les Manchois à débattre …

Daniel Bosquet, Michèle Lemaux, Jean-Karl Deschamps, Frédérique Heurguier, Nicole Paul seront aux côtés du président de région Laurent Beauvais lors des rencontres publiques avec les habitants de la Manche.

Daniel Bosquet, Michèle Lemaux, Jean-Karl Deschamps, Frédérique Heurguier, Nicole Paul seront aux côtés du président de région Laurent Beauvais lors des rencontres publiques avec les habitants de la Manche.

Les élus de la majorité régionale, Laurent Beauvais, le président en tête, reprennent leur bâton de pèlerin pour venir discuter avec les citoyens.

« Nous respectons notre engagement de campagne électorale », assure Jean-Karl Deschamps, vice-président de la région. « Nous allons à la rencontre des électeurs bas-normands chaque année pour débattre avec eux, en réunion publique et rendre compte de notre mandat et des actions menées. »L’occasion d’affirmer que la Région ne peut s’exonérer, « surtout en ce moment », pour mener sa politique, « des difficultés nationales, de leur impact économique et social et de la désertion totale du gouvernement des territoires », affirme Jean-Karl Deschamps.

Transfert de compétences

Selon les élus de la majorité régionale, « le retrait » du pouvoir politique central de ses responsabilités « a des conséquences financières lourdes » pour la Région. « Jamais nous n’avons connu un tel transfert de compétences sans aussi peu de contreparties ». Les réunions publiques permettent donc de replacer aussi « notre action dans le cadre de ce contexte national tout en définissant nos priorités en parallèle », complète l’élu Vert Daniel Bosquet.

Parmi les dossiers évoqués lors de ces rencontres ? Entre autres, le choix soutenu de la Région de mettre le paquet sur le développement du rail, d’en finir avec les aides sur les derniers chantiers routiers, « pas de notre compétence mais que nous avons soutenus pour combler un retard et les défaillances de l’Etat », la pêche, l’agriculture, l’aménagement du territoire, le développement durable, la formation… « Nous invitons les Bas-Normands à faire l’inventaire de ce que la région a réalisé depuis 4 ans », explique Jean-Karl Deschamps. « Ces rencontres, c’est une démarche de proximité qui marche dans les deux sens : nous expliquons ce que nous mettons en oeuvre, la population nous fait remonter ce qui va et ne va pas ».

Pratique. Réunions publiques dès 20 h 30 : mercredi 12 novembre à Coutances (salle Barbey d’Aurevilly) ; le 17 à Saint-Lô, (centre culturel), le 27 à Cherbourg (salle du conseil de la mairie) ;

le 16 décembre à Granville (salle du Hérel).

site “Ouest-France”

30.10.2008

La Commission européenne fait le point sur le projet Mareclean

La Commission européenne fait le point sur le projet Mareclean

Les différents partenaires du projet Mareclean. Deuxième à gauche, Gérard Dieudonné, président du syndicat mixte des bassins versants des côtiers granvillais ; troisième au gauche, Sylvie Ludain, membre de l'unité du programme Life au sein de la direction général de l'environnement à la commission européenne.

Les différents partenaires du projet Mareclean. Deuxième à gauche, Gérard Dieudonné, président du syndicat mixte des bassins versants des côtiers granvillais ; troisième au gauche, Sylvie Ludain, membre de l'unité du programme Life au sein de la direction général de l'environnement à la commission européenne.

(site OF)

Taux d'imposition

Taux d'imposition ...

Dur, dur, cette année les feuilles d'impôts à Granville, même si la couleur était annoncée depuis le premier semestre.

Dur, dur, cette année les feuilles d'impôts à Granville, même si la couleur était annoncée depuis le premier semestre.

Chiffres de l'imposition et de l'endettement à Granville :

(lire Dimanche Ouest-France du 26 octobre)...

Les impôts augmentent fort à Granville, plaçant la cité portuaire juste derrière Avranches et Cherbourg-Octeville : une taxe foncière à 27, 63 % (+ 22 ,8 % entre 2001 et 2008) et une taxe d'habitation à 16, 28 % (+ 22, 1 % sur la même période).

Par aillleurs, les performances de gestion ne sont pas bonnes, notamment en terme de fonctionnement des services municipaux.

(site OF)

27.10.2008

Décès de Guy Deschamps, l'éditeur

Décès de Guy Deschamps, l'éditeur

À la maison Jean-François Millet, Guy Deschamps avait présenté l'une de ses éditions : le « Censier », consacré au peintre de La Hague. : Archives
À la maison Jean-François Millet, Guy Deschamps avait présenté l'une de ses éditions : le « Censier », consacré au peintre de La Hague. : Archives

Le Cotentin vient de perdre un de ses plus valeureux et chaleureux militants. Guy Deschamps s'est éteint samedi, à l'âge de 75 ans

Guy Deschamps, silhouette ronde et barbe fleurie, semblait pourtant inépuisable. Cet instituteur, à la manière des hussards de la République, a d'abord eu une première vie d'enseignant dont les anciens élèves de l'école de la rue Dujardin à Cherbourg se souviennent encore. Exigeant, tendre et entraînant, ce vieux maître était passionné. Et passionnant.

C'est surtout, derrière les barreaux de la Maison d'arrêt de Cherbourg où il a enseigné dix-huit années, que Guy a donné sa vraie mesure de pédagogue. À combien d'hommes cabossés par l'existence, Guy a-t-il donné le bagage intellectuel pour s'en sortir ? Nombreux sans doute : il restait d'une discrétion et d'une modestie sans pareille sur le sujet.

Retraité, Guy n'a jamais cessé d'avoir des projets, des utopies, des rêves non pas fous mais souvent précurseurs. Et cet imaginatif avait une marotte : l'éducation populaire en général et l'édition en particulier. Tour à tour créateur des éditions du Flam et d'un journal, le Viquet, président de l'association d'action culturelle du canton des Pieux et, enfin cheville ouvrière des éditions des Champs, Guy est allé au bout de ses idées.

Pétri de culture régionale, le Cotentin au coeur et Jean Jaurès en tête, Monsieur Deschamps, qui avait le tutoiement facile et à qui le mot « impossible » semblait inconnu, a su créer sa maison d'édition, chez lui, dans sa vieille et belle demeure de Bricqueboscq.

Là, avec pour argent sa seule rage de faire de belles choses, Guy a réédité l'intégralité du journal du Sire de Gouberville, à qui il ressemblait un peu : comme son illustre ancêtre, il était un « gentilhomme du Cotentin ». Les éditions des Champs ont publié de gros et beaux livres, des sommes aux antipodes de l'édition facile et futile. Le dernier en date, Les antiquitez de la ville de Caen, de Charles de Bourgueville, est paru quelques semaines avant que la mort ne le fauche.

Père de cinq enfants, dont Jean-Karl Deschamps, vice-président du conseil régional, grand-père de treize petits-enfants, Guy, qui s'est appuyé toute sa vie sur son épouse, a fermé les yeux entouré des siens, dans sa maison où il faisait bon vivre.

Une cérémonie d'adieux à cette figure atypique et sympathique a lieu mardi à 15 h au crématorium de Brix.

site "Ouest-France"