05.03.2008

Le projet de port symbolise-t-il l'avenir de Granville ?

 Le projet de port symbolise-t-il l'avenir de Granville ?
 

Questions de campagne.

Dernier volet de notre série d'articles avec le projet d'extension du port. C'est durant les six ans à venir que tout va se jouer.
Lorsque le prochain maire de Granville achèvera son mandat, les travaux d'extension du port de Granville devraient être engagés depuis deux, voir même trois ans. C'est du moins ce qui est prévu sur le papier, selon le planning présenté lors du débat public sur le projet d'extension de port, fin 2006. La réalité pourrait être bien différente.

Une incidence sur toute la ville

Il n'empêche : la prochaine équipe municipale en place aura à gérer ce dossier très lourd. Premier exemple de ce qui attend le conseil : le maire et d'autres élus feront partie de la commission chargée de désigner fin 2008 le cabinet d'architectes et d'ingénieurs qui devra plancher sur un pré-projet de port. Voilà pour le court terme et le concret.

À plus longue échéance, le projet du conseil général prévoit d'aménager cette fameuse liaison ville - port : terre-pleins, rues bordant le port, comme la rue du Port ou le quai d'Orléans, création de parkings. Mais il ne s'agit que de frous-frous, quand la ville, de Saint-Nicolas à la pointe du Roc, devra se tailler un costume à l'échelle de son nouveau port.

Des projets dès le XVIIIe siècle

L'extension du port, si elle a lieu, aura une incidence sur la ville entière : plan de circulation, projet de pénétrante au Val-es-Fleurs, navettes entre des parkings à la périphérie et le centre-ville. Le tout en préservant le patrimoine. En aménageant des espaces préservés d'une spéculation immobilière qui n'attendra pas le premier coup de pioche. À Granville, le port et la ville sont indissociables. Et un nouveau projet de port, c'est en quelque sorte une nouvelle ville.

C'est sans compter les oppositions qui pourraient ralentir la réalisation du projet, voire le faire capoter. On pensait déjà en 1750 à un projet d'extension du port. Même chose au début du siècle dernier. Le port actuel est le fruit d'une dernière extension qui n'est que la version « petite taille » d'un projet qui prévoyait un grand port.

Certains regrettent encore aujourd'hui que ce grand port n'ait pas été construit il y a 30 ans. D'autres, notamment l'association pour la promotion des ports de Granville (APPG) défendent bec et ongles leur propre projet d'extension de port contre celui du conseil général. L'association réclame un referendum.

Un enjeu électoral

Mais bien loin de la sédimentation, des souilles, des mesures de la houle, le port sera d'abord un enjeu politique. Le scrutin municipal de ces deux prochains dimanches fait déjà figure de consultation populaire, de pour ou contre le projet de port du conseil général.

Un candidat est clairement opposé au projet d'extension porté par le conseil général. Avec cette prise de position, il pourrait rassembler des voix situées bien au-delà des partis et mouvements représentés sur sa liste.

Les deux autres candidats sont favorables au projet départemental : si une de ces deux listes est aux commandes de la ville le 17 mars, les Granvillais auront alors exprimé leur adhésion au projet de port du conseil général. Extension réalisée ou pas, l'avenir de Granville passera par le port. Et ça commence dès ce dimanche avec le 1er tour.

Guillaume TALLON.
site "Ouest-France"

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